Université René Descartes
Maitrise M.A.S.S (Mathématiques financières)
Devoir sur table - Mars 2003
Corrigé
  1. Soit ( $ \omega _1 , \omega_2 \ldots , \omega_n$) une énumération de $ \Omega$ ; l'application de $ \textbf{V}$ dns $ {\mathbb{R}}^n$ définie par
    $ X \to (X(\omega_1) , X(\omega_2)\ldots , X(\omega_n))$ constitue un isomorhisme d'espace vectoriel (i.e. une bijection
    linéaire ) ; $ \textbf{V}$ est donc de dimension $ n$ . Pour étudier $ \textbf{W}$ , introduisons une énumération $ (z_1 , z_2 , \ldots , z_p)$ de $ Z(\Omega)$ ; les $ p$ événements $ [Z=z_i]$ constituent une partition de $ \Omega$ , si bien que les variables aléatoires
    $ Y_i=1_{[Z=z_i]} \;\;(1\leq i\leq p)$ constituent $ p$ vecteurs indépendants de $ \textbf{W}$ . De plus , tout élément $ \phi (Z)$ de $ \textbf{W}$ peut s'écrire $ \sum_{i=1}^{i=p} \phi (z_i)Y_i$ ce qui montre que la famille $ (Y_i)$ engendre $ \textbf{W}$ , et en constitue donc une base . W est par conséquent de dimension $ p$ . Enfin A, qui admet une base constituée des 2 v.a. $ Z$ et $ 1$ , est de dimension $ 2$ .
  2. $ U=\textbf {E}[X\vert Z]$ sera la projection orthogonale de $ X$ sur W si elle vérifie les deux proriétés suivantes :
    a) $ U\in \textbf {W}$ b) $ \textbf {E}[XW]=\textbf {E}[UW]\;\;\;\forall W\in \textbf {W}$ .
    La condition a) est vérifiée par définition de l'espérance conditionnelle ; b) est démontré dans le cours en 2.2.2 .
  3. Appelons $ Y$ la projection orthogonale de $ X$ sur $ \textbf {A}$ ; il existe 2 réels $ r$ et $ s$ tels que
    $\displaystyle Y=rZ+s$ (1)

    On doit avoir
    $\displaystyle \textbf {E}[X-Y]=0\;\;\;,\;\;\;\textbf {E}[(X-Y)Z]=0$
    ce qui , compte tenu de (1), s'écrit encore
    $\displaystyle \textbf {E}[X]=\textbf {E}[Y]=r\textbf {E}[Z]+s\;\;\;,\;\;\;\textbf {E}[XZ]=r\textbf {E}[Z^{2}]+s\textbf {E}[Z]$ (2)

    De (1) et (2) on tire facilement l'égalité $ Y-\textbf {E}[X]=r(Z-\textbf {E}[Z])$ si bien qu'il ne reste plus qu'à déterminer $ r$ , ce qui se fait aisément en éliminant $ s$ dans le système d'équations (2) .
    Rappelons que la v.a. $ Y$ ainsi calculée s'appelle la régression de $ X$ en $ Z$ et la droite d'équation $ y=\textbf {E}[X]+r(z-\textbf {E}[Z])$ la ligne de régression de $ X$ en $ Z$ .
  4. Il résulte des propriétés d'une projection orthogonale que
    $\displaystyle \textbf {E}[X-\textbf {E}[X\vert Z]]^{2}\leq \textbf {E}[X-W]^{2}\;\;\;\;\forall W\in \textbf {W}$
    On obtient le résultat demandé en prenant $ W$ égal à $ Y$ .
  5. Il suffit d'invoquer le résultat suivant relatif aux projections euclidiennes : si $ \textbf {A}$ et W sont deux sous espaces vectoriels de V tels que $ \textbf {A}\subset \textbf {W}$ alors $ p_{A}\circ p_{W}=p_{A}$ .
  6. Supposons $ Z(\Omega)=\{a,b\}$ avec $ a\not= b$ ; soit $ W=\phi (Z)$ une v.a. de W ; il existe une fonction affine $ \alpha$ (unique) telle que $ \alpha (a)=\phi (a)\;\; et \;\;\alpha (b)=\phi (b)$ ; on a donc $ \alpha (Z)=\phi (Z)$ si bien que $ \textbf {A}=\textbf {W}$ ; la réponse à la question posée devient alors évidente .



Jacques Azéma