Université Paris 5 - René Descartes
UFR de Mathématiques et Informatique
, rue des Saints-Pères 75270 Paris cedex 06
Maîtrises Math-Mass 2000-2001
Corrigé de l'examen du 11 septembre 2001
-
- Le
-échantillon
est à valeurs dans
; on choisit donc
comme espace des observations, muni de la tribu des boréliens
. Pour tout
, la loi
est celle de
variables de Laplace indépendantes, et sa densité par rapport à la mesure de Lebesgue sur
vaut
avec
,
, et
. Le modèle statistique
est donc un modèle exponentiel. L'ensemble image
est d'intérieur non vide ; il n'y a pas de relation linéaire non triviale entre les différentes statistiques présentes sous l'exponentielle car il n'y en a qu'une seule ; on en déduit que
est une statistique exhaustive et complète (donc minimale).
- La vraisemblance
est toujours strictement positive. On peut donc ramener son étude à celle de la log-vraisemblance :
La dérivée
est positive pour
, nulle en
, et négative pour
. On en déduit que le maximum de
est atteint en
. L'estimateur du maximum de vraisemblance de
est donc
Cet estimateur est sans biais car
, d'après la question
. Il est fortement consistant d'après la loi forte des grands nombres. En effet, les v.a.
sont identiquement distribuées, indépendantes, et intégrables :
. On en déduit que leur moyenne
converge p.s., sous
, vers leur espérance
. Autrement dit,
converge
-p.s. vers
, ce qui signifie bien qu'il est fortement consistant.
- Le modèle est régulier car
est un ouvert de
, et
est une fonction
sur
, de dérivée ne s'annulant pas. On en déduit en outre que
est un estimateur régulier, efficace et UVMB de son espérance, qui vaut
. Il s'ensuit que
est un estimateur régulier, efficace et UVMB de
. La variance d'un estimateur efficace de
vaut donc celle de
:
.
Or, d'après l'inégalité de Cramer-Rao, on sait que si
est un estimateur efficace de
, alors
, avec
l'information de Fisher du modèle. On en déduit
.
- Les v.a.
sont de même loi, indépendantes, et de carré intégrable :
. On déduit alors du théorème de limite centrale que sous
converge en loi quand
tend vers
vers
, une gaussienne centrée réduite. Par approximation, pour
grand, on égalise donc
et
. D'où

de loi
On pose
et
.
- En reprenant les notations de la question précédente, on a
. Par approximation, il en résulte
D'où finalement
- Il s'agit d'un problème de test unilatère. Comme
est strictement croissante, la famille des densités est à rapport de vraisemblance croissant en la statistique
, comme en la statistique
. On sait que dans ce cas on peut construire un test UPP de niveau
dont la fonction critique a la forme suivante :
Comme
quels que soient
et
, on peut plus simplement se ramener à un test de la forme
avec
déterminé par la condition
. On peut déduire de l'approximation gaussienne une approximation de
. En effet,
Or
. On en déduit que le test sera de niveau
si, approximativement,
Il en résulte que
, avec
et
.
Remarque : la valeur exacte de
est
, qu'on peut calculer en notant que
suit une loi
sous
.
- L'estimateur bayésien de
relativement à la loi a priori
est donné par la formule
Or,
où l'on s'est servi de ce que
.
Il s'ensuit que l'estimateur bayésien
vaut
.
Thierry Cabanal-Duvillard
2002-02-18