Université Paris 5 - René Descartes
UFR de Mathématiques et Informatique
, rue des Saints-Pères 75270 Paris cedex 06
Maîtrises Math-Mass 2001-2002
Corrigé du partiel du 13 novembre 2001
1)a) Le
-échantillon
est à valeurs dans
; on choisit donc
comme espace des observations, muni de la tribu des boréliens
. La loi
est celle de
gaussiennes indépendantes, et sa densité par rapport à la mesure de Lebesgue sur
vaut
b) Le modèle est exponentiel : en effet, la densité de la loi
peut se mettre sous la forme
avec
L'ensemble image
est d'intérieur non vide ; il n'y a pas de relation linéaire non triviale entre les différentes statistiques présentes sous l'exponentielle car il n'y en a qu'une seule ; on en déduit que
est une statistique exhaustive et complète, donc minimale.
c) Le biais de
vaut
L'estimateur
est donc sans biais. Son risque est alors égal à sa variance et vaut
où l'on s'est servi de ce que la variance d'une somme de v.a. indépendantes est égale à la somme des variances respectives. L'estimateur
est donc de risque constant, car son risque ne dépend pas de
.
d) Le modèle statistique est exponentiel. L'ensemble
des paramètres est un ouvert de
. La fonction
est évidemment de dérivée continue et ne s'annulant pas. On en déduit que le modèle est régulier, et que
est un estimateur UVMB, régulier et efficace de son espérance qui est
.
Il s'ensuit que la borne de Fréchet-Cramer-Rao est atteinte par cet estimateur :
Il en résulte que
.
2)a) Soient
et
deux estimateurs de
, ayant
et
comme fonctions de risque respectives. L'estimateur
est dit meilleur que
si et seulement si
Un estimateur est dit admissible s'il n'existe pas d'estimateur meilleur que lui.
Soit
un estimateur de
. Supposons le meilleur que
. Il existe donc
tel que
S'il est sans biais comme
, alors le risque est égal à la variance, et cette inégalité se récrit comme
mais comme
est de variance minimale parmi les estimateurs sans biais, on a aussi que, pour tout
,
Ces deux dernières inégalités se contredisent. L'estimateur
est nécessairement biaisé.
b) Soit
un estimateur de
, tel que
. Alors
avec
.
L'intégrale
est convergente pour toute valeur de
car
est de carré intégrable. Soit
quelconque. Montrons que
est dominée par une fonction intégrable sur
, uniformément sur
. En effet, si
, alors
avec
La constante
est finie, car la fonction
, qui est continue sur
et qui tend vers 0 en
, est nécessairement bornée. On a ainsi majoré
par une fonction qui ne dépend pas de
, et dont on vérifie facilement qu'elle est intégrable grâce à l'inégalité de Cauchy-Schwarz :
Or la première intégrale du membre de droite de l'inégalité est égale à
et n'apparaissent dans la deuxième intégrale que les deux premiers moments - finis - d'une gaussienne centrée. L'intégrale située à gauche de l'inégalité est donc convergente.
On déduit de ce résultat de domination et de la convergence de
que l'intégrale
est dérivable par rapport à
, et que sa dérivée vaut
, sur l'intervalle
quel que soit
, donc sur tout
. En d'autres termes, ceci signifie que, pour tout
,
c'est-à-dire que
est un estimateur régulier. On en déduit aussi que le biais
est bien dérivable.
Comme
est régulier, il résulte de l'inégalité de Fréchet-Cramer-Rao que
D'autre part, on sait que le risque (quadratique) est la somme de la variance et du biais au carré; d'où
c) Si
est un estimateur meilleur que
, son risque est plus faible que celui de
. Or
quel que soit
. Il en ressort que
ce qui est l'inégalité demandée. On en déduit quel que soit
ce qui implique que
soit une fonction bornée et que
soit compris entre
et
, autrement dit que
quel que soit
. Puisque
est une fonction négative, il s'ensuit que
est décroissante. On en déduit que
, fonction décroissante et minorée, admet une limite en
, que l'on notera
, et qui vaut
; on en déduit de même que
, fonction décroissante et majorée, admet une limite en
, que l'on notera
, et qui vaut
. Supposons
. Il existe alors
tel que
(
ne tendant pas vers 0, il existe un voisinage de l'infini
où
est hors du voisinage
de 0). Cela implique que pour tout
, on ait
D'où l'on déduit
puis
Cette inégalité a pour conséquence
. On montre exactement de même que si on a
, alors
. Donc, si les limites
et
ne sont pas toutes deux nulles, alors
n'est pas bornée.
d) Si
est un estimateur de
meilleur que
, alors, d'après la
question précédente, son biais
est borné, décroissant, et
ses limites en l'infini sont alors nécessairement nulles. Il s'ensuit que
elle-même est la fonction nulle. Donc
est sans biais. Or,
d'après la question a), un estimateur meilleur que
est
forcément biaisé. Il y a là une contradiction. Il n'existe donc pas d'estimateur de
meilleur que
, qui est par conséquent un estimateur admissible.
3) On sait qu'une règle de décision de risque constant et admissible est minimax. D'après les questions 1c) et 2d),
est un estimateur de risque constant et admissible. Il est donc minimax.
4) a) Soit
quelconque. Sous
,
est une suite de v.a. indépendantes de même loi, telles que
On déduit alors de la loi forte des grands nombres que la moyenne empirique
converge
-p.s. vers
. Autrement dit,
existe et vaut
Il s'ensuit que
, et donc que
La famille d'estimateurs
n'est donc pas robuste.
b) Soit
telle que
-p.s. Alors
D'où il ressort qu'effectivement
-p.s. On en déduit
car, sous
,
est une gaussienne centrée réduite. Comme
est bijective, on en déduit la formule demandée, à savoir
.
c) La méthode de substitution consiste à remplacer l'espérance
par l'espérance empirique
. On en déduit la famille d'estimateurs
Sous
comme sous
, la famille
est une suite de v.a. indépendantes, de même loi et bornées donc intégrables. Il résulte alors de la loi forte des grands nombres que
![$\displaystyle \lim_{n\rightarrow +\infty}\frac{1}{n}\sum_{i=1}^n{\phi}(X_i)={\m...
...hbb{P}}_{\theta}^{({\nu},t)}}[{\phi}(X_1)]\ \ {\mathbb{P}}_{\theta}^{({\nu},t)}$](img147.gif)
-p.s.
Comme
est continue (c'est la réciproque d'une fonction strictement monotone et continue), on en déduit que
-p.s.
converge vers
.
d) Soit
quelconque. Comme
, il s'ensuit le calcul :
Quand
tend vers 0,
tend vers
, qui est borné uniformément en
car
appartient à
. On en conclut que
est une suite robuste d'estimateurs de
.
Thierry Cabanal-Duvillard
2002-02-18