Maîtrises Maths-MASS - Statistiques générales
Corrigé du partiel du 26 novembre 2002
Ex 1.
- Les variables
étant à valeurs dans
, on choisit comme espace des observations du modèle statistique associé à
l'ensemble
, muni de la tribu de l'ensemble de ses parties
. La famille de lois
définies sur
est dominée par la mesure de comptage
sur
, et est caractérisée par
avec

et
On reconnaît donc un modèle exponentiel dont
est une statistique exhaustive. Comme l'ensemble
contient un ouvert de
, on en déduit en outre que la statistique
est complète et minimale.
- Comme
est une fonction dérivable, de dérivée
continue et ne s'annulant pas sur
qui est un ouvert de
, on en déduit que le modèle est régulier, et que
est une statistique régulière, et un estimateur UVMB et efficace de son espérance
De plus, comme
est un estimateur efficace, il y a égalité dans l'inégalité de Cramer-Rao, et on en déduit le calcul de l'information de Fisher
du modèle :
où l'on s'est servi du fait que
.
- On a
avec
. La méthode de substitution consiste à remplacer les espérances par les espérances empiriques ; on en déduit l'estimateur (fortement consistant) de
:
On reconnaît la variance empirique non corrigée.
- Comme
, on déduit de la loi forte des grands nombres que
sous
Puisque
tend
-p.s. vers
et
vers 0, quand
tend vers
, on en déduit que
tend aussi
-p.s. vers
. Autrement dit,
est fortement consistant.
Calcul des fonctions de risque :
Comparaison des fonctions de risque :

et
Dans un voisinage de
, le risque de
est donc plus faible que celui de
.

et
En
, le risque de
est donc plus élevé que celui de
. On en conclut que les fonctions de risque de
et de
ne sont pas comparables.
- Le risque maximum de
sur
est
Pour calculer la valeur maximale prise par
, remarquons que cette fonction est une parabole convexe, et qu'elle atteint donc son maximum aux bornes de l'intervalle sur lequel on l'étudie ; ainsi
Il en ressort que
a le plus faible risque maximum, et qu'il est donc meilleur que
au sens du risque minimax.
- Calcul des risques bayésiens (à l'aide de l'indication):
Le rsique bayésien de
relatif à la loi a priori
est plus faible que celui de
(
est d'ailleurs l'estimateur bayésien de
relatif à
).
Ex 2.
- Les variables
étant à valeurs dans
, on choisit comme espace des observations du modèle statistique associé à
l'ensemble
, muni de la tribu borélienne
. La famille de lois
définies sur
est dominée par la mesure de Lebesgue
sur
, et est caractérisée par
Posons
; on remarque que
, d'où il vient
avec

et
On déduit alors du théorème de factorisation que
est une statistique exhaustive.
- Calculons la fonction de répartition de la loi de
: quel que soit
,
Or
On en déduit la fonction de répartition
puis, en dérivant, la densité de la loi de
par rapport à la mesure de Lebesgue sur
:
Pour montrer que
est complète, supposons qu'il existe
borélienne intégrable telle que
quel que soit
. On peut supposer de plus que
est continue. Alors l'hypothèse implique
ce qui implique
On dérive par rapport à
l'expression ci-dessus, d'où il appert que
et l'on en déduit que
est la fonction nulle. On a ainsi montré que
est une statistique complète. Comme toute statistique exhaustive et complète est aussi minimale, il s'ensuit que
est aussi minimale.
- Soit
. Cherchons la valeur du paramètre
qui maximise la vraisemblance du modèle
Sur l'intervalle
, la fonction
est croissante et atteint donc son maximum en
; sur l'intervalle
, cette fonction est nulle. On en déduit
Autrement dit, l'estimateur du maximum de vraisemblance de
est la statistique
.
- Calcul de
:
![$\displaystyle {\mathbb{E}}_{\theta}\left[X_{(1)}\right]$](img99.gif) |
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en posant  |
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d'après l'indication de l'exercice 1 question 6 |
|
On en déduit que
est un estimateur sans biais de
, fonction d'une statistique exhaustive et complète ; c'est donc l'estimateur UVMB de
, d'après le corollaire du théorème de Lehmann-Scheffé.
- Calcul de
:
Il en résulte que
est un estimateur sans biais de
, et que
est l'estimateur UVMB de
d'après le théorème de Lehmann-Scheffé. D'où
. On en déduit
- Montrons que
est faiblement consistant : soit
quelconque,
Il en découle que
quel que soit
, ce qui montre la convergence en probabilité de
vers
. La statistique
est donc faiblement consistante.
Montrons maintenant qu'elle est aussi fortement consistante. On sait, d'après le lemme de Borel-Cantelli, que sous l'hypothèse
alors
converge
-p.s. vers
quand
tend vers l'infini, autrement dit
est fortement consistant. Or quel que soit
,
On en déduit le résultat attendu.
- Déterminons la loi de
: soit
fonction borélienne bornée quelconque ; alors
La variable aléatoire
suit donc une loi exponentielle de paramètre
, pour tout
. Il en résulte bien évidemment qu'elle converge en loi, quand
tend vers
, vers cette loi exponentielle.
L'estimateur
est-il asymptotiquement sans biais ?
Thierry Cabanal-Duvillard
2002-12-16