Université Paris 5 - René Descartes
UFR de Mathématiques et Informatique
, rue des Saints-Pères 75270 Paris cedex 06
Maîtrise MASS
Corrigé du partiel du 2 avril 2002
Question de cours : Le système d'équations de Yule-Walker est le suivant :
Ex 1.
- D'après un théorème du cours, si
arrête les saisonnalités de période
, alors il existe une moyenne mobile
telle que
Posons
. Alors
, et
Soient
tels que
, avec
. Avec ces notations,
Comme les puissances extrêmes de
dans
sont au plus
et
, cela impose
et
. On en déduit que
peut s'écrire
ce qui est la forme demandée. Il faut aussi que
conserve les tendances affines. Soit
une tendance affine quelconque. La moyenne mobile
est symétrique et la somme de ses coefficients est égale à
. Elle conserve donc les tendances affines. Il s'ensuit que
Or
conserve les tendances affines si et seulement si
i.e.
et
.
En résumé, on a montré que
annule les composantes saisonnières de période 5 et conserve les tendances affines si et seulement s'il existe
tel que
- Le rapport de variance résiduelle de
est égal à
. On déduit de ce qui précède la valeur des
en fonction de
:
i.e.
Le rapport de variance résiduelle est donc égal à
Il est minimal pour
. La moyenne mobile qui minimise le rapport de variance résiduelle est
Ex 2.
- On vérifie aisément par récurrence que
 |
(1) |
Les variables
sont décorrélées et de même variance car
est un bruit blanc faible. Il en résulte
- Soit
quelconque. Quel que soit
,
est une combinaison linéaire de
et
, et appartient donc à
. On en déduit l'inclusion de
dans
. De même, on déduit de (1) l'inclusion opposée
. Les deux sous-espaces de Hilbert
et
sont donc égaux quel que soit
.
Calculons maintenant
pour tout
quelconque :
Il en résulte que
est égal à
, autrement dit à
quel que soit
. Le bruit blanc
est bien le processus d'innovation de
, pour toute valeur de
.
- Si
est plus grand ou égal à
, alors la variance de
tend vers l'infini quand
tend lui-même vers l'infini. Une condition nécessaire pour que le processus
soit asymptotiquement stationnaire est donc
. Si tel est le cas, considérons le filtre
Il est clair qu'il s'agit bien d'un filtre linéaire car
On peut donc définir le processus faiblement stationnaire
. Notons-le
. Il s'agit bien sûr du processus AR(
) vérifiant
, i.e.
Montrons que
tend vers 0 quand
tend vers l'infini. En effet, quel que soit
,
Comme d'habitude, la convergence de toutes ces séries est à comprendre au sens de la norme hilbertienne. On en déduit
Comme
est strictement plus petit que
, il s'ensuit que la limite de
est bien nulle quand
tend vers
. On a ainsi montré que
est asymptotiquement stationnaire sous la seule condition
.
Ex 3.
- Notons d'abord que
est bien un processus du second ordre. Calculons-en la fonction moyenne et la fonction d'autocovariance :
en ayant noté
,
les moyennes de
et
et
,
leurs fonctions d'autocovariance. La moyenne du processus
est donc constante, et sa fonction d'autocovariance est invariante par translation temporelle :
Le processus
est donc faiblement stationnaire, et on note plus simplement sa fonction d'autocorrélation
, pour tout
.
- Comme
est un processus MA(
), d'après un théorème vu en cours, sa fonction d'autocorrélation et sa fonction d'autocovariance s'annulent à partir du rang
inclus. De même, la fonction d'autocovariance de
s'annule à partir du rang
inclus. D'où il s'ensuit que pour tout
, alors
Or, toujours d'après le même théorème, un processus faiblement stationnaire dont la fonction d'autocorrélation s'annule à partir d'un rang
donné est un processus MA d'ordre inférieur ou égal à
. On en déduit que
est un processus MA d'ordre inférieur ou égal à
.
- Que vaut
?
 |
 |
 |
|
| |
|
car les filtres commutent et sont linéaires |
|
| |
 |
 |
|
Le filtre
a pour transformée en
Ce filtre est donc égal à
, et
est donc un processus MA d'ordre
. De même,
est un processus MA d'ordre
, décorrélé avec le précédent. D'après la deuxième question, la somme de ces deux processus est un MA d'ordre
inférieur ou égal à
. Soit donc
bruit blanc faible et
tels que
D'autre part, la transformée en
du filtre
est
, qui n'a pas de racine de module
, car ni
ni
n'en ont, les filtres
et
étant par hypothèse inversibles. Donc
est un filtre inversible. Il s'ensuit que le processus
est le processus faiblement stationnaire qui vérifie l'équation ARMA
Comme le degré du polynôme
est
,
est un processus ARMA(
avec
et
(les ordres peuvent être inférieurs car il peut y avoir des simplifications si
et
ont des racines communes).
Ex 4.
- Soit
faiblement stationnaire,
sa moyenne et
sa fonction d'autocovariance. Alors, quels que soient
, l'espérance de
et
est le vecteur
; calculons leur matrice de covariance :
Les vecteurs aléatoires
et
ont donc même espérance et même matrice de covariance. Ceci étant vrai pour tous
, on montre ainsi que
est faiblement réversible.
- Si
est un processus stationnaire gaussien, alors il est faiblement stationnaire et donc faiblement réversible. Soient
quelconques ; les vecteurs aléatoires
et
sont donc des vecteurs gaussiens de même espérance et même matrice de covariance ; or la loi d'un vecteur gaussien est entièrement déterminée par son espérance et sa matrice de covariance ; les vecteurs
et
ont donc même loi. On a ainsi montré que
est réversible.
- La matrice de transition de la chaîne de Markov est
La probabilité
est une mesure invariante de la chaîne de Markov si et seulement si
vérifie
, ce qui est, à l'évidence, le cas.
- Soient
quelconques, avec
. Montrons que
a même loi que
. Il suffit de vérifier que pour tout
-uplet
, alors
En effet,
Cette probabilité ne dépend pas de
, ce qui démontre le résultat.
- Il suffit d'un contre-exemple pour montrer que
n'est pas réversible. Posons
et
. Alors

et
La loi de
est donc différente de
, ce qui prouve que
n'est pas réversible.
Thierry Cabanal-Duvillard
2002-04-05