Université Paris 5 - René Descartes

UFR de Mathématiques et Informatique

, rue des Saints-Pères 75270 Paris cedex 06


Maîtrise MASS


Corrigé du partiel du 2 avril 2002


Question de cours : Le système d'équations de Yule-Walker est le suivant :

\begin{displaymath}
\left(
\begin{array}{cccc}
{\rho}_X(q)&{\rho}_X(q-1)&\dots&{...
...{\rho}_X(q+1)\\
\vdots\\
{\rho}_X(q+p)
\end{array}\right)
\end{displaymath}


Ex 1.

  1. D'après un théorème du cours, si $ {\phi}(B)$ arrête les saisonnalités de période $ 5$, alors il existe une moyenne mobile $ {\psi}(B)$ telle que

    $\displaystyle {\phi}(B)={\psi}(B)\circ(I+B+B^2+B^3+B^4).
$

    Posons $ \tilde {\psi}(B)=5{\psi}(B)\circ B^2$. Alors $ {\psi}(B)=\tilde {\psi}(B)\circ\frac{1}{5}F^2$, et

    $\displaystyle {\phi}(B)=\tilde {\psi}(B)\circ\frac{1}{5}F^2\circ(I+B+B^2+B^3+B^4)=\tilde {\psi}(B)\circ\frac{1}{5}(F^2+F+I+B+B^2).
$

    Soient $ p,q$ tels que $ \tilde{\psi}(B)=\sum_{u=-q}^p\tilde{\psi}_uB^u$, avec $ \tilde{\psi}_{-q},\tilde{\psi}_p\not=0$. Avec ces notations,
    $\displaystyle {\phi}(z)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \tilde{\psi}(z)\times\frac{1}{5}\left(z^{-2}+z^{-1}+1+z+z^2\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \frac{1}{5}\left(\tilde{\psi}_{-q}z^{-q-2}+\left(\tilde{\psi}_{-q}+\tilde{\psi}_{-q+1}\right)z^{-q-1}+\cdots+{\psi}_{p}z^{p+2}\right)$  

    Comme les puissances extrêmes de $ z$ dans $ {\phi}(z)$ sont au plus $ -3$ et $ 3$, cela impose $ q\leq 1$ et $ p\leq1$. On en déduit que $ {\phi}(B)$ peut s'écrire

    $\displaystyle {\phi}(B)=\left(\tilde{\psi}_{-1}F+\tilde{\psi}_{0}I+\tilde{\psi}_{1}B\right)\circ \frac{1}{5}\left(F^2+F+I+B+B^2\right),
$

    ce qui est la forme demandée. Il faut aussi que $ {\phi}(B)$ conserve les tendances affines. Soit $ x=(x_t=a+bt,t\in{\mathbb{Z}})$ une tendance affine quelconque. La moyenne mobile $ \frac{1}{5}\left(F^2+F+I+B+B^2\right)$ est symétrique et la somme de ses coefficients est égale à $ 1$. Elle conserve donc les tendances affines. Il s'ensuit que

    $\displaystyle {\phi}(B)(x)=\left(\tilde{\psi}_{-1}F+\tilde{\psi}_{0}I+\tilde{\psi}_{1}B\right)(x)
$

    Or $ \left(\tilde{\psi}_{-1}F+\tilde{\psi}_{0}I+\tilde{\psi}_{1}B\right)$ conserve les tendances affines si et seulement si
    $\displaystyle \sum_{i=-1}^1\tilde{\psi}_i$ $\displaystyle =$ $\displaystyle 1$  
    $\displaystyle \sum_{i=-1}^1i\tilde{\psi}_i$ $\displaystyle =$ 0  

    i.e. $ \tilde{\psi}_{-1}=\tilde{\psi}_1$ et $ \tilde{\psi}_0=1-2\tilde{\psi}_{-1}$.

    En résumé, on a montré que $ {\phi}(B)$ annule les composantes saisonnières de période 5 et conserve les tendances affines si et seulement s'il existe $ {\alpha}\in{\mathbb{R}}$ tel que

    $\displaystyle {\phi}(B)=\left({\alpha}F+(1-2{\alpha})I+{\alpha}B\right)\circ \frac{1}{5}\left(F^2+F+I+B+B^2\right)
$

  2. Le rapport de variance résiduelle de $ {\phi}(B)$ est égal à $ \sum_{i=-3}^3{\phi}_i^2$. On déduit de ce qui précède la valeur des $ {\phi}_i$ en fonction de $ {\alpha}$ :

    $\displaystyle {\phi}(z)= \frac{1}{5}\left({\alpha}z^{-3}+(1-{\alpha})z^{-2}+z^{-1}+1+z+(1-{\alpha})z^2+{\alpha}z^3\right)
$

    i.e.

    $\displaystyle {\phi}_{-3}={\phi}_3={\alpha},\ \ {\phi}_{-2}={\phi}_2=1-{\alpha},\ \ {\phi}_{-1}={\phi}_0={\phi}_1=1.
$

    Le rapport de variance résiduelle est donc égal à

    $\displaystyle \frac{1}{25}\left(3+2{\alpha}^2+2\left(1-{\alpha}\right)^2\right)=\frac{1}{25}\left(4+ \left(1-2{\alpha}\right)^2\right)
$

    Il est minimal pour $ {\alpha}=1/2$. La moyenne mobile qui minimise le rapport de variance résiduelle est

    $\displaystyle {\phi}^*(B)=\frac{1}{10}F^3+\frac{1}{10}F^2+\frac{1}{5}F+\frac{1}{5}I+\frac{1}{5}B+\frac{1}{10}B^2+\frac{1}{10}B^3
$


Ex 2.

  1. On vérifie aisément par récurrence que

    $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}},\ \ Y_t={\varepsilon}_t+{\phi}{\varepsil...
...\cdots+{\phi}^{t-1}{\varepsilon}_1=\sum_{u=0}^{t-1 }{\phi}^u{\varepsilon}_{t-u}$ (1)

    Les variables $ ({\varepsilon}_t,t\in{\mathbb{Z}})$ sont décorrélées et de même variance car $ {\varepsilon}$ est un bruit blanc faible. Il en résulte

    $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}},\ \ \mathop{\hbox{var}}\nolimits \left(Y...
...limits \left({\varepsilon}_{t-u}\right)={\sigma}^2\sum_{u=0}^{t-1 }{\phi}^{2u}
$

  2. Soit $ t\geq0$ quelconque. Quel que soit $ s=1,\ldots,t$, $ {\varepsilon}_s$ est une combinaison linéaire de $ Y_s$ et $ Y_{s-1}$, et appartient donc à $ V^2(Y_s,0\leq s\leq t)$. On en déduit l'inclusion de $ V^2({\varepsilon}_s,1\leq s\leq t)$ dans $ V^2(Y_s,0\leq s\leq t)$. De même, on déduit de (1) l'inclusion opposée $ V^2(Y_s,0\leq s\leq t)\subset V^2({\varepsilon}_s,1\leq s\leq t)$. Les deux sous-espaces de Hilbert $ V^2(Y_s,0\leq s\leq t)$ et $ V^2({\varepsilon}_s,1\leq s\leq t)$ sont donc égaux quel que soit $ t$.

    Calculons maintenant $ P^\bot_{V^2(Y_s,0\leq s<t)}(Y_t)$ pour tout $ t\geq 1$ quelconque :

    $\displaystyle P^\bot_{V^2(Y_s,0\leq s<t)}(Y_t)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle P^\bot_{V^2(Y_s,0\leq s<t)}({\varepsilon}_t)+P^\bot_{V^2(Y_s,0\leq s<t)}(Y_{t-1})$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle P^\bot_{V^2(Y_s,0\leq s<t)}({\varepsilon}_t)+Y_{t-1}$ car $\displaystyle Y_{t-1}\in V^2(Y_s,0\leq s<t)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle P^\bot_{V^2({\varepsilon}_s,1\leq s<t)}({\varepsilon}_t)+Y_{t-1}$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle 0+Y_{t-1}$ car $\displaystyle {\varepsilon}_t\bot{\varepsilon}_s\ \ \forall s=1,\ldots,t-1$  

    Il en résulte que $ Y_t-P^\bot_{V^2(Y_s,0\leq s<t)}(Y_t)$ est égal à $ Y_t-Y_{t-1}$, autrement dit à $ {\varepsilon}_t$ quel que soit $ t\geq 1$. Le bruit blanc $ {\varepsilon}$ est bien le processus d'innovation de $ Y$, pour toute valeur de $ {\phi}$.
  3. Si $ \vert{\phi}\vert$ est plus grand ou égal à $ 1$, alors la variance de $ Y_t$ tend vers l'infini quand $ t$ tend lui-même vers l'infini. Une condition nécessaire pour que le processus $ Y$ soit asymptotiquement stationnaire est donc $ \vert{\phi}\vert<1$. Si tel est le cas, considérons le filtre

    $\displaystyle {\psi}(B)=\sum_{u=0}^{+\infty}{\phi}^uB^u
$

    Il est clair qu'il s'agit bien d'un filtre linéaire car

    $\displaystyle \Vert{\psi}\Vert_1=\sum_{u=0}^{+\infty}\vert{\phi}^u\vert=\frac{1}{1-\vert{\phi}\vert}<+\infty.
$

    On peut donc définir le processus faiblement stationnaire $ {\psi}(B)({\varepsilon})$. Notons-le $ X$. Il s'agit bien sûr du processus AR($ 1$) vérifiant $ (1-{\phi}B)(X)={\varepsilon}$, i.e.

    $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}},\ \ X_t={\varepsilon}_t+{\phi}X_{t-1}.
$

    Montrons que $ {\mathbb{E}}\left[\left(Y_t-X_t\right)^2\right]$ tend vers 0 quand $ t$ tend vers l'infini. En effet, quel que soit $ t$,

    $\displaystyle Y_t-X_t=\sum_{u=0}^{t-1 }{\phi}^u{\varepsilon}_{t-u}-\sum_{u=0}^{...
...}_{t-u}=-{\phi}^t \sum_{v=0}^{+\infty }{\phi}^v{\varepsilon}_{-v}=-{\phi}^tX_0
$

    Comme d'habitude, la convergence de toutes ces séries est à comprendre au sens de la norme hilbertienne. On en déduit

    $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\left(Y_t-X_t\right)^2\right]={\phi}^{2t}{\mathbb{E}}\left[X_0^2\right]={\phi}^{2t}{\gamma}_X(0)
$

    Comme $ \vert{\phi}\vert$ est strictement plus petit que $ 1$, il s'ensuit que la limite de $ {\mathbb{E}}\left[\left(Y_t-X_t\right)^2\right]$ est bien nulle quand $ t$ tend vers $ +\infty$. On a ainsi montré que $ Y$ est asymptotiquement stationnaire sous la seule condition $ \vert{\phi}\vert<1$.


Ex 3.

  1. Notons d'abord que $ X+X'$ est bien un processus du second ordre. Calculons-en la fonction moyenne et la fonction d'autocovariance :
    $\displaystyle {\mu}_{X+X'}(t)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}[X_t+X'_t]={\mu}_X+{\mu}_{X'}$  
    $\displaystyle {\gamma}_{X+X'}(s,t)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{cov}}\nolimits \left(X_s+X'_s,X_t+X'_t)\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{cov}}\nolimits \left(X_s,X_t\right)+\mathop{\hbox{cov}}\nolimits \left(X'_s,X'_t\right)$$\displaystyle \mbox{ car $X$\ et $X'$\ sont d\'ecorr\'el\'es}$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\gamma}_X(\vert t-s\vert)+{\gamma}_{X'}(\vert t-s\vert)$  

    en ayant noté $ {\mu}_X$, $ {\mu}_{X'}$ les moyennes de $ X$ et $ X'$ et $ {\gamma}_X$, $ {\gamma}_{X'}$ leurs fonctions d'autocovariance. La moyenne du processus $ X+X'$ est donc constante, et sa fonction d'autocovariance est invariante par translation temporelle :
    $\displaystyle \forall s,t,u\in{\mathbb{Z}},\hskip1cm$      
    $\displaystyle {\gamma}_{X+X'}(s+u,t+u)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\gamma}_X(\vert t+u-s-u\vert)+{\gamma}_{X'}(\vert t+u-s-u\vert)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\gamma}_X(\vert t-s\vert)+{\gamma}_{X'}(\vert t-s\vert)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\gamma}_{X+X'}(s,t)$  

    Le processus $ X+X'$ est donc faiblement stationnaire, et on note plus simplement sa fonction d'autocorrélation $ {\gamma}_{X+X'}(n)={\gamma}_X(n)+{\gamma}_{X'}(n)$, pour tout $ n\in{\mathbb{N}}$.
  2. Comme $ X$ est un processus MA($ q$), d'après un théorème vu en cours, sa fonction d'autocorrélation et sa fonction d'autocovariance s'annulent à partir du rang $ q+1$ inclus. De même, la fonction d'autocovariance de $ X'$ s'annule à partir du rang $ q'+1$ inclus. D'où il s'ensuit que pour tout $ n>\max(q,q')$, alors

    $\displaystyle {\rho}_{X+X'}(n)=\frac{{\gamma}_{X+X'}(n)}{{\gamma}_{X+X'}(0)}=\frac{{\gamma}_{X}(n)+{\gamma}_{X'}(n)}{{\gamma}_{X+X'}(0)}=0
$

    Or, toujours d'après le même théorème, un processus faiblement stationnaire dont la fonction d'autocorrélation s'annule à partir d'un rang $ m$ donné est un processus MA d'ordre inférieur ou égal à $ m-1$. On en déduit que $ X+X'$ est un processus MA d'ordre inférieur ou égal à $ \max(q,q')$.
  3. Que vaut $ {\phi}(B)\circ{\phi}'(B)(X+X')$ ?
    $\displaystyle {\phi}(B)\circ{\phi}'(B)(X+X')$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\phi}'(B)\circ{\phi}(B)(X)+{\phi}(B)\circ{\phi}'(B)(X')$  
        car les filtres commutent et sont linéaires  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\phi}'(B)\circ{\theta}(B)({\varepsilon})+{\phi}(B)\circ{\theta'}(B)({\varepsilon}')$  

    Le filtre $ {\phi}'(B)\circ{\theta}(B)=({\phi}'*{\theta})(B)$ a pour transformée en $ z$
    $\displaystyle ({\phi}'*{\theta})(z)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\phi}'(z){\theta})(z)=(1+{\phi}'_1z+\cdots+{\phi}'_{p'}z^{p'})(1+{\theta}_1z+\cdots+{\theta}_qz^q)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle 1+({\phi}'_1+{\theta}_1)z+\cdots+{\phi}'_{p'}{\theta}_qz^{p'+q}$  

    Ce filtre est donc égal à $ I+({\phi}'_1+{\theta}_1)B+\cdots+{\phi}'_{p'}{\theta}_qB^{p'+q}$, et $ {\phi}'(B)\circ{\theta}(B)({\varepsilon})$ est donc un processus MA d'ordre $ p'q$. De même, $ {\phi}(B)\circ{\theta'}(B)({\varepsilon}')$ est un processus MA d'ordre $ pq'$, décorrélé avec le précédent. D'après la deuxième question, la somme de ces deux processus est un MA d'ordre $ m$ inférieur ou égal à $ \max(pq',p'q)$. Soit donc $ {\varepsilon}''$ bruit blanc faible et $ {\theta}''_1,\ldots,{\theta}'_m$ tels que

    $\displaystyle {\phi}'(B)\circ{\theta}(B)({\varepsilon})+{\phi}(B)\circ{\theta'}...
...'_1B+\cdots+{\theta}''_{m}B^m)({\varepsilon}'')={\theta}''(B)({\varepsilon}'')
$

    D'autre part, la transformée en $ z$ du filtre $ {\phi}(B)\circ{\phi}'(B)$ est $ {\phi}(z){\phi}'(z)$, qui n'a pas de racine de module $ 1$, car ni $ {\phi}(z)$ ni $ {\phi}'(z)$ n'en ont, les filtres $ {\phi}(B)$ et $ {\phi}'(B)$ étant par hypothèse inversibles. Donc $ {\phi}(B)\circ{\phi}'(B)$ est un filtre inversible. Il s'ensuit que le processus $ X+X'$ est le processus faiblement stationnaire qui vérifie l'équation ARMA

    $\displaystyle ({\phi}*{\phi}')(B)(X)={\theta}''(B)({\varepsilon}'').
$

    Comme le degré du polynôme $ ({\phi}*{\phi}')(z)$ est $ pp'$, $ X+X'$ est un processus ARMA($ p'',q'')$ avec $ p''\leq pp'$ et $ q''\leq m\leq\max(q,q')$ (les ordres peuvent être inférieurs car il peut y avoir des simplifications si $ ({\phi}*{\phi}')(z)$ et $ {\theta}''(z)$ ont des racines communes).


Ex 4.

  1. Soit $ X$ faiblement stationnaire, $ {\mu}_X$ sa moyenne et $ {\gamma}_X$ sa fonction d'autocovariance. Alors, quels que soient $ m<n$, l'espérance de $ (X_m,X_{m+1},\ldots,X_{n})$ et $ (X_n,X_{n-1},\ldots,X_m)$ est le vecteur $ {\mu}_X(1,\ldots,1)$ ; calculons leur matrice de covariance :
    $\displaystyle {\Gamma}_{(X_m,X_{m+1},\ldots,X_{n})}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(\mathop{\hbox{cov}}\nolimits (X_{m+i},X_{m+j})\right)_{0\leq i,j\leq n-m}=\left({\gamma}_X(\vert j-i\vert\right)_{0\leq i,j\leq n-m}$  
    $\displaystyle {\Gamma}_{(X_n,X_{n-1},\ldots,X_m)}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(\mathop{\hbox{cov}}\nolimits (X_{n-i},X_{n-j})\right)_{0\leq i,j\leq n-m}=\left({\gamma}_X(\vert j-i\vert\right)_{0\leq i,j\leq n-m}$  

    Les vecteurs aléatoires $ (X_m,X_{m+1},\ldots,X_{n})$ et $ (X_n,X_{n-1},\ldots,X_m)$ ont donc même espérance et même matrice de covariance. Ceci étant vrai pour tous $ m<n$, on montre ainsi que $ X$ est faiblement réversible.
  2. Si $ X$ est un processus stationnaire gaussien, alors il est faiblement stationnaire et donc faiblement réversible. Soient $ m<n$ quelconques ; les vecteurs aléatoires $ (X_m,X_{m+1},\ldots,X_{n})$ et $ (X_n,X_{n-1},\ldots,X_m)$ sont donc des vecteurs gaussiens de même espérance et même matrice de covariance ; or la loi d'un vecteur gaussien est entièrement déterminée par son espérance et sa matrice de covariance ; les vecteurs $ (X_m,X_{m+1},\ldots,X_{n})$ et $ (X_n,X_{n-1},\ldots,X_m)$ ont donc même loi. On a ainsi montré que $ X$ est réversible.
    1. La matrice de transition de la chaîne de Markov est

      $\displaystyle P=\left(
\begin{array}{ccc}
0&1&0\\
0&0&1\\
1&0&0
\end{array}\right)
$

      La probabilité $ {\nu}$ est une mesure invariante de la chaîne de Markov si et seulement si $ N=\left({\nu}\left(\left\{0\right\}\right),{\nu}\left(\left\{1\right\}\right),{\nu}\left(\left\{2\right\}\right)\right)=\left(1/3,1/3,1/3\right)$ vérifie $ NP=N$, ce qui est, à l'évidence, le cas.
    2. Soient $ s,t,u \in{\mathbb{Z}}$ quelconques, avec $ s\leq t$. Montrons que $ (X_s,\ldots,X_t)$ a même loi que $ (X_{s+u},\ldots,X_{t+u})$. Il suffit de vérifier que pour tout $ t-s+1$-uplet $ (e_0,\ldots,e_{t-s})\in E^{t-s+1}$, alors

      $\displaystyle \P\left((X_s,\ldots,X_t)=(e_0,\ldots,e_{t-s})\right)=\P\left((X_{s+u},\ldots,X_{t+u})=(e_0,\ldots,e_{t-s})\right)
$

      En effet,

      $\displaystyle \P\left((X_{s+u},\ldots,X_{t+u})=(e_0,\ldots,e_{t-s})\right)={\nu}(\{e_0\})p(e_0,e_1)\cdots p(e_{t-s-1},e_{t-s})
$

      Cette probabilité ne dépend pas de $ u$, ce qui démontre le résultat.
    3. Il suffit d'un contre-exemple pour montrer que $ X$ n'est pas réversible. Posons $ m=0$ et $ n=1$. Alors

      $\displaystyle \P\left((X_0,X_1)=(0,1)\right)={\nu}\left(\left\{0\right\}\right)p(0,1)=\frac{1}{3}\ $    et $\displaystyle \ \P\left(\left(X_1,X_0\right)=(0,1)\right)={\nu}\left(\left\{0\right\}\right)p(1,0)=0
$

      La loi de $ (X_0,X_1)$ est donc différente de $ (X_1,X_0)$, ce qui prouve que $ X$ n'est pas réversible.




Thierry Cabanal-Duvillard
2002-04-05