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Statistique des Processus - Maîtrise
MASS
Corrigé de l'examen du 10 juin
2003
9h - 12h
Ex 1.
- Vrai. Si
et
sont deux processus
faiblement stationnaires indépendants de fonctions
d'autocovariance
et
, alors
est aussi un
processus faiblement stationnaire de fonction d'autocovariance
. Si
et
sont de plus des processus MA, alors
et
s'annulent à partir d'un
certain rang ; il en est donc de même pour
. Or cela est
caractéristique d'un processus MA.
- Vrai. Si
et
sont deux processus
faiblement stationnaires indépendants tels que
et
, alors
est aussi un processus faiblement stationnaire tel
que
. Or le processus
est
un processus MA comme somme de deux processus MA
indépendants (cf question précédente). Ce qui
montre que
est un ARMA.
- Faux (sauf cas particulier). Exemple :
et
faiblement stationnaire tel que
avec
et
indépendants. Alors
vérifie
. La
fonction d'autocovariance de
ne
s'annule pas en
, mais s'annule à partir du
rang
: il s'agit donc d'une MA(
).
Autrement dit,
est un ARMA(
).
- Vrai. Un processus faiblement stationnaire dont la fonction
d'autocorrélation s'annule à partir du rang
inclus est un bruit blanc faible ; sa fonction
d'autocorrélation partielle s'annule donc aussi à
partir du rang
inclus.
- Faux. Il existe une représentation de Wold pour tout
processus faiblement stationnaire.
- Vrai si le processus ARMA possède une
représentation inversible. En effet, si
est un processus ARMA tel que
,
alors la densité spectrale vaut
Elle s'annule si et seulement s'il existe
tel que
, autrement dit si
la transformée en
de
s'annule sur le cercle
unité.
- Faux, si la période est connue. Par exemple, un
modèle du type
avec
paramètres et
bruit corrélé modélise une
tendance périodique.
- Vrai. Un bruit corrélé n'est autre que l'image
par une transformation linéaire inversible d'un bruit blanc
ordinaire qu'on peut dès lors tester.
- Faux. Un processus ARIMA(
) n'est pas
faiblement stationnaire dès lors que
.
- Faux. L'histoire ne se répète pas... Un processus
d'innovation est une famille de variables
décorrélées, et ne peut être
périodique que s'il est nul.
Ex 2.
est un processus AR(
),
un ARMA(
) et
un MA(
).
- On a
avec
. La
représentation est inversible de nature pour un processus
AR. Elle est causale si et seulement si
ne
s'annule pas sur le disque unité. Or
Les racines sont donc de module strictement supérieur
à
, la représentation est donc aussi
causale. On en déduit que
est le bruit blanc d'innovation
de
. Notons

et

Alors
On en déduit
et, pour tout
,
car
. D'où
On peut encore simplifier l'expression ci-dessus, en remarquant que
:
On en déduit en particulier
en utilisant
- On a
,
avec
et
. Les racines de ces deux
polynômes étant de module strictement supérieur
à
, on en déduit que la
représentation est causale et inversible, et que
est le bruit blanc d'innovation
de
. De plus,
Il résulte de ce calcul la décomposition de Wold de
:
Grâce à quoi on peut déterminer la fonction
d'autocovariance de
: pour tout
,
D'où
En particulier,
.
- On a
avec
. La
représentation est causale de nature pour un processus MA.
Comme les racines de ce polynôme sont
, de module
strictement supérieur à
, la
représentation est aussi inversible, et le bruit blanc
est donc le bruit blanc
d'innovation de
. La fonction d'autocovariance
vaut
les autres valeurs de la fonction d'autocovariance étant
nulles, car
est un MA(
).
- Calculons les densités spectrales :
- Cas de
:
La dérivée du polynôme
s'annule en
, ce qui correspond à
, soit à
une fréquence
. Compte-tenu des
sens de variation, on en déduit que le densité
spectrale est croissante entre 0 et
, et décroissante
entre
et
. En
conséquence, on identifie le graphe B comme étant la
densité spectrale de
.
- Cas de
:
La fraction rationnelle
est monotone sur
, en pratique croissante.
On en déduit que
est décroissante
sur
. On identifie donc le graphe C
comme celui de
.
- Par élimination, le graphe A est celui de la
densité spectrale de
...
Vérifions-le :
La dérivée du polynôme
s'annule en
, ce qui correspond à
soit à
une fréquence
. Compte-tenu
des sens de variation, on en déduit que
croît entre 0 et
, puis décroît
entre
et
. Ce
qui correspond bien au graphe A.
-
- La série temporelle A a une allure presque non
stationnaire, quasiment de marche aléatoire, la
régularité ne pouvant apparaître que sur de
longues périodes : cela correspond à une
densité spectrale prenant ses plus fortes valeurs à
l'origine, pour des fréquences basses. La série
temporelle correspond donc à la densité spectrale C,
et donc au processus
.
- Les séries temporelles B et C ont toutes deux un
comportement périodique marqué, la période
étant plus courte pour la série C, ce qui correspond
à une fréquence plus élévée.
Comme le pic de la densité spectrale B a lieu en une
fréquence plus grande que le pic de la densité
spectrale A, on en déduit que la série temporelle C
correspond à la densité spectrale B, et donc au
processus
. La série temporelle B correspond
à la densité spectrale A et au processus
.
-
- L'autocorrélogramme A est remarquable surtout par les
deux très fortes valeurs prises par l'autocorrélation
partielle (estimée) en
et
,
les valeurs suivantes étant peu significativement
différentes de 0. L'autocorrélation (estimée)
est proche de 0 à partir du rang
également, mais la valeur en
, nettement
positive interdit qu'il s'agisse là de
l'autocorrélogramme du processus MA(
)
: en effet,
. D'autre part,
est très
nettement positive, ce qui ne concorde pas avec
l'autocorrélogramme A. Il paraît donc vraisemblable
que cet autocorrélogramme corresponde au processus AR(
)
, dont la valeur théorique
paraît
effectivement proche de la valeur ici estimée.
- L'autocorrélogramme B peut être
l'autocorrélogramme d'un processus MA(
),
car l'autocorrélation (estimée) est proche de 0
à partir du rang
. De plus, la valeur en
de l'autocorrélation (estimée) est de
l'ordre de
, ce qui est effectivement proche de
la valeur théorique
. On en déduit que
l'autocorrélogramme B correspond au processus
.
- Par élimination, l'autocorrélogramme C correspond
au processus
, à la série temporelle A.
Notons, pour achever de s'en convaincre, que
l'autocorrélation (estimée) en
est de l'ordre de
, effectivement proche de
la valeur théorique
. D'autre part, une
décroissance régulière de la fonction
d'autocorrélation (estimée) peut être le signe
d'une allure proche d'une marche aléatoire.
Ex 3.
-
- Soit
l'estimateur empirique de la
fonction d'autocorrélation de
:
qu'on peut remplacer ici par
dans la mesure où l'on sait que le processus
est centré. Si
est un processus AR(
), tel que
, alors l'estimateur préliminaire de
vérifie les équations de Yule-Walker
Ici
, et on en déduit
- Par définition,
. Pour
,
car
: en effet,
est le bruit blanc d'innovation
associé à
car on a supposé
, ce qui
implique que la représentation ARMA est causale et
inversible.
- Notons
. L'estimateur des moindres carrés ordinaires de
est la valeur
qui minimise
où
est vu comme fonction
de
,
. Or
,
selon un calcul habituel,
et
quel que soit
. On en déduit que
Il s'agit donc d'un polynôme du second degré en
, qui atteint son minimum en
On en déduit l'estimateur de
:
- L'estimateur des moindres carrés conditionnels de
est la valeur
qui minimise
avec
, et en
supposant
quel que soit
. D'où
Il s'agit d'un polynôme en
qui
atteint son minimum en
Comparaison de
et de
:
L'écart est donc d'ordre
.
- L'estimateur du maximum de vraisemblance de
dans le cas gaussien est la valeur
qui minimise
Le point où la fonction précédente s'annule
correspond à la valeur
. Pour comparer
et
, on utilise les
inégalités suivantes :
En mettant ces polynômes du second degré sous forme
canonique, et en utilisant le fait que
, on en déduit
D'où le résultat attendu
Notons que ce majorant est de l'ordre de
.
- Établissons une équation de récurrence, ou
fonction de prévision : quel que soit
,
car
car
est le bruit blanc
d'innovation.. D'où, par récurrence,
Ici,
est l'unique valeur pivôtale. Pour
calculer l'erreur de prédiction, on utilise la
représentation MA(
) de
:
D'où
On en déduit
-
- Quels que soient
et
,
En particulier, quel que soit
,
. Le processus
est donc de moyenne constante, et de
fonction d'autocovariance invariante par translation temporelle :
c'est donc un processus faiblement stationnaire.
- Le processus
ayant mêmes
caractéristiques du second ordre que
, il est
de même nature que
(au sens faible) : c'est donc
un processus AR(
) vérifiant
, avec
bruit blanc faible
d'innovation de variance
. D'où
- Les calculs faits précédemment pour
sont valables pour
, puisque ces deux
processus ont mêmes caractéristiques du second ordre.
L'erreur de prédiction au pas
vaut donc
- On a
avec
ne prenant que
et
comme valeurs. On en déduit
que la partie entière de
vaut
, et que
la partie fractionnaire restante vaut
Cela montre que
est fonction de
.
- Du résultat qui précède, on peut
évidemment déduire que le meilleur prédicteur
de
sachant
au sens des moindres
carrés vaut
puisque
est fonction de
. L'erreur de
prédiction est alors nulle. Il n'y a pas de contradiction
avec les résultats précédents, car
est le meilleur
prédicteur de
sachant
au sens des moindres
carrés parmi les combinaisons linéaires de
. Or
est certes fonction de
, mais n'en est pas une
fonction linéaire.
Thierry Cabanal-Duvillard