$\textstyle \parbox{10cm}{\scriptsize Universit\'e de Paris 5 -- Ren\'e Descart... ...matiques et Informatique}\ 45, rue des Saints-P\\lq eres 75270 Paris cedex 06 }$ \includegraphics[width=22mm]{/home/tcd/icones/p5_petit.ps}




Statistique des Processus - Maîtrise MASS


Corrigé du Partiel du 2 avril 2003




Ex 1.

  1. Voir cours.

    1. $\displaystyle \P ({\varepsilon}_t{\varepsilon}_{t+1}<0)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \P\left(\left({\varepsilon}_t<0,{\varepsilon}_{t+1}>0\right)\cap\left({\varepsilon}_t>0,{\varepsilon}_{t+1}<0\right)\right)$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle \P\left({\varepsilon}_t<0,{\varepsilon}_{t+1}>0\right)+\P\left({\varepsilon}_t>0,{\varepsilon}_{t+1}<0\right)$  
          car les événements sont disjoints  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle \P\left({\varepsilon}_t<0\right)\P\left({\varepsilon}_{t+1}>0\right)+\P\left({\varepsilon}_t>0\right)\P\left({\varepsilon}_{t+1}<0\right)$  
          $\displaystyle \mbox{ car ${\varepsilon}_t$\ et ${\varepsilon}_{t+1}$\ sont ind\'ependants}$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle \frac{1}{2}\cdot\frac{1}{2}+\frac{1}{2}\cdot\frac{1}{2}=\frac{1}{2}$  

    2. Notons $ {\eta}_p=1_{{\varepsilon}_{2p-1}{\varepsilon}_{2p}<0}$. D'après la question précédente, $ \left({\eta}_p,p=1,\ldots,N\right)$ est une famille de variables de Bernouilli de paramètre $ 1/2$. Comme elles sont indépendantes, leur somme $ T=\sum_{p=1}^N{\eta}_p$ suit une loi binômiale de paramètres $ 1/2$ et $ N$.
    3. Soit $ X=\left(X_1,\ldots,X_{2N}\right)$ une famille de variables aléatoires dont $ x$ est une réalisation. On souhaite tester $ H_0:\ X$ est un bruit blanc gaussien, contre $ H_1: X$ n'est pas un bruit blanc gaussien. Sous $ H_0$, $ T_X=\sum_{p=1}^N1_{X_{2p-1}X_{2p}<0}$ suit une loi binomiale de paramètre $ 1/2$ et $ N$. En particulier, il est de moyenne $ N/2$ et de variance $ N/4$. Il résulte du théorème central limite que pour $ N$ grand,
      $\displaystyle \frac{T_X-\frac{N}{2}}{\sqrt{\frac{N}{4}}}\sim{\cal N}\left(0,1\right) $
      On en déduit que sous $ H_0$,
      $\displaystyle P\left(\left\vert \frac{T_X-\frac{N}{2}}{\sqrt{\frac{N}{4}}}>{\phi}_{1-{\alpha}/2}\right\vert \right)\simeq {\alpha} $
      avec $ {\phi}_{1-{\alpha}/2}$ le fractile d'ordre $ 1-{\alpha}/2$ de la loi gaussienne centrée réduite. Le test de zone de rejet
      $\displaystyle \sqrt{\frac{N}{4}}>{\phi}_{1-{\alpha}/2} $
      est donc un test de niveau $ {\alpha}$ de l'hypothèse $ H_0$.


Ex 2.

  1. $ X$ est un processus AR($ 1$), vérifiant l'équation $ {\phi}(B)(X)={\varepsilon}$, avec $ {\phi}(B)=I+\frac{3}{2}B$. Sa représentation est inversible, comme toute représentation d'un processus AR. La transformée en $ z$ du filtre linéaire $ {\phi}(B)$ est $ {\phi}(z)=1+\frac{3}{2}z$. Elle s'annule en $ \frac{2}{3}$ de module strictement inférieur à $ 1$. Le filtre est donc bien inversible, mais la représentation n'est pas causale.

    Posons $ \tilde{\varepsilon}=\left(I-\frac{2}{3}B\right)\circ\left(I-\frac{3}{2}B\right)^{-1}({\varepsilon})$ . D'après une proposition du cours, $ \tilde{\varepsilon}$ est un bruit blanc de variance

    $\displaystyle \tilde{\sigma}^2=\left(\frac{2}{3}\right)^2{\sigma}^2 $
    De plus,
    $\displaystyle \tilde{\varepsilon}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(I-\frac{2}{3}B\right)\circ\left(I-\frac{3}{2}B\right)^{-1}({\varepsilon})$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(I-\frac{2}{3}B\right)\circ\left(I-\frac{3}{2}B\right)^{-1}\circ\left(I+\frac{3}{2}B\right)(X)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(I-\frac{2}{3}B\right)(X)$  

    Cette nouvelle représentation du processus $ X$ est causale (et toujours inversible) car la transformée en $ z$ de $ \left(I-\frac{2}{3}B\right)$ ne s'annule pas sur le disque unité. On en déduit que $ \tilde{\varepsilon}$ est le bruit blanc d'innovation associé à $ X$.

    Représentation MA$ (\infty$) : le filtre linéaire $ \left(I-\frac{2}{3}B\right)$ est inversible ; et son inverse a pour transformée en $ z$

    $\displaystyle \frac{1}{1+\frac{2}{3}z}=\sum_{u\geq 0}\left(-\frac{2}{3}\right)^uz^u $
    On en déduit
    $\displaystyle \left(I-\frac{2}{3}B\right)^{-1}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \sum_{u\geq 0}\left(-\frac{2}{3}\right)^uB^u$  
    $\displaystyle X_t$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(I-\frac{2}{3}B\right)^{-1}({\varepsilon})_t=\sum_{u\geq 0}\left(-\frac{2}{3}\right)^uB^u({\varepsilon})_t$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\varepsilon}_t+\sum_{u\geq 1}\left(-\frac{2}{3}\right)^u{\varepsilon}_{t-u}$  

    On ne peut déterminer une représentation MA($ \infty$) d'un processus qu'en partant d'une représentation causale (de même qu'on ne peut calculer une représentation AR($ \infty$) qu'en partant d'une représentation inversible). S'il est vrai que $ (1+\frac{3}{2}z)^{-1}=\sum_{u\geq0}\left(-\frac{3}{2}\right)^uz^u$ (pour $ \left\vert z\right\vert<\frac{2}{3}$), il est faux que $ (1+\frac{3}{2}B)^{-1}=\sum_{u\geq0}\left(-\frac{3}{2}\right)^uB^u$ car $ \sum_{u\geq0}\left(-\frac{3}{2}\right)^uB^u$ n'est pas un filtre linéaire ( $ \sum_{u\geq0}\left\vert -\frac{3}{2}\right\vert^u=+\infty$ ) et il est faux que $ X=\sum_{u\geq0}\left(-\frac{3}{2}\right)^u{\varepsilon}_{t-u}$ car cette série n'est pas convergente. En revanche, il est vrai que $ (1+\frac{3}{2}B)^{-1}=\sum_{u>0}\left(-\frac{2}{3}\right)^uB^{-u}$ et que $ X=\sum_{u>0}\left(-\frac{2}{3}\right)^u{\varepsilon}_{t+u}$, mais il ne s'agit pas d'une représentation MA($ \infty$).

    Fonction d'autocovariance : dans ce qui suit, on suppose $ h\geq0$.

  2. $ Z$ est un processus ARMA($ 1,1$) vérifiant $ {\varphi}(B)(Z)={\theta}(B)({\varepsilon}'')$, avec $ {\varphi}(B)=I+{\varphi}B$ et $ {\theta}(B)=I+{\theta}B$. Les transformées en $ z$ $ {\varphi}(z)=1+{\varphi}z$ et $ {\theta}(z)=1+{\theta}z$ ne s'annulent pas sur le disque unité. La représentation est donc causale et inversible, et $ {\varepsilon}''$ est le bruit blanc d'innovation de $ Z$.

    Pour calculer la fonction d'autocovariance de $ Z$, on peut là encore procéder de deux méthodes :

    Si on compare les fonctions d'autocovariance de $ Y$ et $ Z$, on voit qu'elles sont égales si et seulement si
    $\displaystyle {\varphi}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \frac{2}{3}$  
    $\displaystyle \left(1+\frac{({\theta}-{\varphi})^2}{1-{\varphi}^2}\right){\sigma}''&=$   $\displaystyle \frac{4}{5}{\sigma}^2+{\sigma}'^2$  
    $\displaystyle \left(({\theta}-{\varphi})-\frac{\varphi}{1-{\varphi}^2}({\theta}-{\varphi})^2\right){\sigma}''&=$   $\displaystyle \frac{4}{5}$  

    Dans ce cas, comme les deux processus ont mêmes caractéristiques du second ordre (fonction moyenne et fonction d'autocovariance), ils sont de même nature, à savoir ARMA($ 1,1$).


Ex 3.

    1. $ {\phi}(B)$ conserve la tendance affine si et seulement si
        $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}}$ $\displaystyle {\phi}(B)(f_{\tau})_t=f_{\tau}(t)$  
      $\displaystyle \Longleftrightarrow$ $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}}$ $\displaystyle {\alpha}B(f_{\tau})_t+{\beta}I(f_{\tau})_t+{\gamma}B^{-1}(f_{\tau})_t=f_{\tau}(t)$  
      $\displaystyle \Longleftrightarrow$ $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}}$ $\displaystyle {\alpha}f_{\tau}(t-1)+{\beta}f_{\tau}(t)+{\gamma}f_{\tau}(t+1)=f_{\tau}(t)$  
      $\displaystyle \Longleftrightarrow$ $\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}}$ $\displaystyle \left({\alpha}+{\beta}+{\gamma}\right)a+\left({\gamma}-{\alpha}\right)b+\left({\alpha}+{\beta}+{\gamma}\right)bt=a+bt$  
      $\displaystyle \Longleftrightarrow$   \begin{displaymath}\left\{ \begin{array}{rcl} \left({\alpha}+{\beta}+{\gamma}\ri... ... \left({\alpha}+{\beta}+{\gamma}\right)b&=&b \end{array}\right.\end{displaymath}  
      $\displaystyle \Longleftrightarrow$   \begin{displaymath}\left\{ \begin{array}{rcl} {\alpha}+{\beta}+{\gamma}&=&1\ {\gamma}-{\alpha}&=&0 \end{array}\right.\end{displaymath}  

      (en supposant $ b\not=0$). On en déduit $ {\gamma}={\alpha}$ et $ {\beta}=1-2{\alpha}$.
    2. D'après la question précédente, on choisit l'estimateur de $ f_{\tau}(t)$ de la forme
      $\displaystyle \hat X_t$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \left({\alpha}B+(1-2{\alpha})I+{\alpha}B^{-1}\right)(X)_t$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle \left({\alpha}B+(1-2{\alpha})I+{\alpha}B^{-1}\right)(f_{\tau})_t$  
          $\displaystyle +\left({\alpha}B+(1-2{\alpha})I+{\alpha}B^{-1}\right)({\varepsilo... ...theta}\left({\alpha}B+(1-2{\alpha})I+{\alpha}B^{-1}\right)({\varepsilon})_{t-1}$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle f_{\tau}(t)+{\alpha}{\varepsilon}_{t+1}+\left(1-2{\alpha}+{\theta... ...eta}(1-2{\alpha})\right){\varepsilon}_{t-1}+{\theta}{\alpha}{\varepsilon}_{t-2}$  

      Le bruit blanc $ {\varepsilon}$ étant centré, $ \hat X_t$ est donc un estimateur sans biais. Calculons son risque :
      $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\left(\hat X_t-f_{\tau}(t)\right)^2\right]$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\left({\alpha}{\varepsilon}_{t+1}+\left(1-2{\al... ...)\right){\varepsilon}_{t-1}+{\theta}{\alpha}{\varepsilon}_{t-2}\right)^2\right]$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle {\alpha}^2\mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits ({\varepsilon}_... ...heta}{\alpha}\right)^2\mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits ({\varepsilon}_t)$  
          $\displaystyle +\left({\alpha}+{\theta}(1-2{\alpha})\right)^2\mathop{\hbox{\upsh... ...theta}^2{\alpha}^2\mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits ({\varepsilon}_{t-2})$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle \left(1+{\theta}^2-4{\alpha}\left(1-{\theta}+{\theta}^2\right)+{\alpha}^2\left(6-8{\theta}+6{\theta}^2\right)\right){\sigma}^2$  

      Le minimum de $ 1+{\theta}^2+2{\alpha}\left(1+{\theta}\right)+{\alpha}^2\left(1+({\theta}-2)^2+(1-2{\theta})^2+{\theta}^2\right)$ est atteint en
      $\displaystyle {\alpha}_m=\frac{1-{\theta}+{\theta}^2}{3-4{\theta}+3{\theta}^2} $
      Le filtre qui conserve la tendance affine et qui permet d'obtenir l'estimateur de risque minimal est donc $ {\alpha}_mB+(1-2{\alpha}_m)I+{\alpha}_mB^{-1}$.

      Si $ {\theta}=0$, on retrouve le filtre ordinaire $ M_3=\frac{1}{3}(B+I+B^{-1})$.

    1. Si $ {\theta}=0$, le modèle est un modèle linéaire ordinaire, de la forme $ X=A{\beta}+{\varepsilon}$, avec
      $\displaystyle X=\left( \begin{array}{c} X_1\ \vdots\ X_n \end{array}\right)... ...end{array}\right),\ \ {\beta}=\left( \begin{array}{c} a\ b \end{array}\right)$ et $\displaystyle {\varepsilon}=\left( \begin{array}{c} {\varepsilon}_1\ \vdots\ {\varepsilon}_n \end{array}\right). $
      Dans ce cas, les estimateurs des moindres carrés de $ a$ et $ b$ sont
      $\displaystyle \hat{\beta}=\left( \begin{array}{c} \hat a\ \hat b \end{array}\right)=\left({}^tAA\right)^{-1}{}^tAX. $
    2. Si $ {\theta}\not=0$, il s'agit d'un modèle linéaire avec erreurs corrélées. Comme l'on sait, ce modèle est équivalent, à une transformation près, à un modèle linéaire ordinaire, dont les résultats vont donc pouvoir s'appliquer ici.

      La fonction d'autocovariance du processus MA($ 1$) $ (I+{\theta}B)({\varepsilon})$ est

      $\displaystyle {\gamma}_{(I+{\theta}B)({\varepsilon})}(0)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits ({\varepsilon}_t+{\theta}{\varepsilon}_{t-1})=(1+{\theta}^2){\sigma}^2$  
      $\displaystyle {\gamma}_{(I+{\theta}B)({\varepsilon})}(1)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {cov}}}\nolimits ({\varepsilon}_t+{\theta}... ...ta}\mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits ({\varepsilon}_t)={\theta}{\sigma}^2$  
      $\displaystyle {\gamma}_{(I+{\theta}B)({\varepsilon})}(h)$ $\displaystyle =$ 0 si $\displaystyle h>1$  

      Les vecteurs aléatoires $ \left(X_1,\ldots,X_n\right)$ et $ \left({\varepsilon}_1+{\theta}{\varepsilon}_0,\ldots,{\varepsilon}_n+{\theta}{\varepsilon}_{n-1}\right)$ ayant même matrice d'autocovariance, on en déduit que $ {\Gamma}_X(n)_{i,j}={\gamma}_{(I+{\theta}B)({\varepsilon})}(\left\vert i-j\right\vert )$ , autrement dit $ {\Gamma}_X(n)={\sigma}^2S_X(n)$, avec
      $\displaystyle S_X(n)=\left( \begin{array}{ccccc} 1+{\theta}^2&{\theta}&0&\cdots... ...&\ddots&\ddots&{\theta}\ 0&\cdots&0&{\theta}&1+{\theta}^2 \end{array}\right) $
      $ X$ est un vecteur gaussien de moyenne $ M=A\left( \begin{array}{c} a\ b \end{array}\right)$ et de matrice de covariance $ {\Gamma}_X(n)$. La densité de sa loi par rapport à la mesure de Lebesgue est donc
      $\displaystyle f_{a,b}(x_1,\ldots,x_n)=\frac{1}{\sqrt{(2{\pi})^n\det{\Gamma}_X(n)}}\exp\left(-\frac{{}^t(x-M){\Gamma}_X(n)^{-1}(x-M)}{2}\right) $
      avec $ x=\left( \begin{array}{c} x_1\ \vdots\ x_n \end{array}\right)$. On recherche la valeur de $ {\beta}$ pour laquelle cette densité atteint son maximum. Comme elle ne s'annule pas, on peut considérer son logarithme, ce qui revient à rechercher le lieu du minimum de
      $\displaystyle g({\beta})$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {}^t(x-A{\beta}){\Gamma}_X(n)^{-1}(x-A{\beta})$  
        $\displaystyle =$ $\displaystyle {}^tx{\Gamma}_X(n)^{-1}x-2{}^tx{\Gamma}_X(n)^{-1}A{\beta}+{}^t{\beta}{}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}A{\beta}$  

      $ g$ est la somme d'une constante, d'une forme linéaire et d'une forme bilinéaire symétrique. Sa différentielle est donc
      $\displaystyle dg({\beta})[H]=-2{}^tx{\Gamma}_X(n)^{-1}AH+2{}^t{\beta}{}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}AH$
      avec $ H\in{\mathbb{R}}^2$. Cette différentielle est nulle si et seulement si
      $\displaystyle -{}^tx{\Gamma}_X(n)^{-1}A+{}^t{\beta}{}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}A=0 $
      autrement dit si $ {\beta}=\hat{\beta}=\left({}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}A\right)^{-1}{}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}x$ . $ g$ possède donc un seul point critique, qui correspond nécessairement à son minimum car celui-ci est atteint. Les estimateurs du maximum de vraisemblance de $ a$ et $ b$ sont donc
      $\displaystyle \left( \begin{array}{c} \hat a\ \hat b \end{array}\right)=\left... ...{}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}X=\left({}^tAS_X(n)^{-1}A\right)^{-1}{}^tAS_X(n)^{-1}X. $
    On peut aussi déterminer l'estimateur $ \hat{\sigma}^2_{MV}$ du maximum de vraisemblance de $ {\sigma}^2$ : rappelons que la densité vaut
    $\displaystyle f_{a,b}(x_1,\ldots,x_n)=\frac{1}{\sqrt{(2{\pi}{\sigma}^2)^n\det S... ...}\exp\left(-\frac{{}^t(x-A{\beta})S_X(n)^{-1}(x-A{\beta})}{2{\sigma}^2}\right) $
    En dérivant cette densité par rapport à $ {\sigma}^2$, on détermine au point d'annulation une équation qui caractérise $ \hat{\sigma}^2_{MV}$. D'où
    $\displaystyle \hat{\sigma}^2_{MV}=\frac{1}{n}{}^t(x-A\hat{\beta})S_X(n)^{-1}(x-A\hat{\beta}), $
    dont on déduit l'estimateur sans biais
    $\displaystyle \hat{\sigma}^2=\frac{1}{n-2}{}^t(x-A\hat{\beta})S_X(n)^{-1}(x-A\hat{\beta}) $
  1. Soit $ T={\alpha}_1X_1+\cdots+{\alpha}_nX_n$ une combinaison linéaire de $ (X_1,\ldots,X_n)$. C'est le meilleur prédicteur linéaire de $ X_{n+2}$ si et seulement si parmi toutes les variables aléatoires de sa forme il minimise la distance hilbertienne à $ X_{n+2}$. Or
    $\displaystyle \Vert X_{n+2}-T\Vert_2^2$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\left(X_{n+2}-T\right)^2\right]$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits \left(X_{n+2}-T\right)+\left({\mathbb{E}}\left[X_{n+2}-T\right]\right)^2$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits (X_{n+2})+\mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits (T)+\left({\mathbb{E}}\left[a+b(n+2)-T\right]\right)^2$ $\displaystyle \mbox{ car $T$\ et $X_{n+2}$\ sont ind\'ependants}$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits (X_{n+2})+{\mathbb{E}}\left[\left(a+b(n+2)-T\right)^2\right]$  

    Minimiser $ \Vert X_{n+2}-T\Vert_2$ revient donc à minimiser $ {\mathbb{E}}\left[\left(a+b(n+2)-T\right)^2\right]$, autrement dit le risque quadratique de $ T$ considéré comme estimateur de $ a+b(n+2)$. D'après le théorème de Gauss-Markov, le meilleur estimateur est alors $ \hat a+\hat b(n+2)$, qui est un estimateur sans biais. C'est donc aussi le meilleur prédicteur linéaire de $ X_{n+2}$. Calculons sa variance. La matrice de covariance de $ \left( \begin{array}{c} \hat a\ \hat b \end{array}\right)=\left({}^tAS_X(n)^{-1}A\right)^{-1}{}^tAS_X(n)^{-1}X$ est
    \begin{displaymath} \begin{array}{l} \Bigl(\left({}^tA{\Gamma}_X(n)^{-1}A\right)... ...{-1}=\left({}^tAS_X(n)^{-1}A\right)^{-1}{\sigma}^2. \end{array}\end{displaymath}
    La variance de $ \hat a+\hat b(n+2)$ est alors $ \mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits (\hat a+\hat b(n+2))=s^2{\sigma}^2$ , avec
    $\displaystyle s^2=(1,n+2)\left({}^tAS_X(n)^{-1}A\right)^{-1}\left( \begin{array}{c} 1\ n+2 \end{array}\right) $
    $ X_{n+2}-\hat a-\hat b(n+2)=a+b(n+2)-\hat a-\hat b(n+2)+{\varepsilon}_{n+2}+{\theta}{\varepsilon}_{n+1}$ suit une loi gaussienne centrée, de variance $ s^2{\sigma}^2+\mathop{\hbox{\upshape {var}}}\nolimits ({\varepsilon}_{n+2}+{\theta}{\varepsilon}_{n+1})=(s^2+1+{\theta}^2){\sigma}^2$ , car $ ({\varepsilon}_{n+2},{\varepsilon}_{n+1})$ est indépendant de $ (\hat a,\hat b)$.

    D'autre part, $ \hat{\sigma}^2(n-2)/{\sigma}^2$ suit une loi du $ \chi_2$ à $ n-2$ degrés de liberté, et est indépendant de $ \hat{\beta}$ et de $ ({\varepsilon}_{n+1},{\varepsilon}_{n+2})$. On en déduit que

    $\displaystyle \frac{X_{n+2}-\hat a-\hat b(n+2)}{\sqrt{(s^2+1+{\theta}^2){\sigma... ...}}}=\frac{X_{n+2}-\hat a-\hat b(n+2)}{\sqrt{(s^2+1+{\theta}^2)\hat{\sigma}^2}} $
    suit une loi de Student à $ n-2$ degré de liberté. Soit $ t_{0,975}$ le fractile d'ordre $ 97,5\%$ de cette loi de Student. Alors
    $\displaystyle 0,95$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \P\left(\frac{X_{n+2}-\hat a-\hat b(n+2)}{\sqrt{(s^2+1+{\theta}^2)\hat{\sigma}^2}}\in\left[-t_{0,975},t_{0,975}\right]\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \P\Bigl(X_{n+2}\in\Bigl[\hat a+\hat b(n+2)-t_{0,975}\sqrt{(s^2+1+{\theta}^2)\hat{\sigma}^2},$  
        $\displaystyle \hskip2cm\hat a+\hat b(n+2)+t_{0,975}\sqrt{(s^2+1+{\theta}^2)\hat{\sigma}^2}\Bigr]\Bigr)$  

    D'où l'intervalle de prévision demandé.


Ex 4.Soit $ X=(X_t,t\in{\mathbb{Z}})$ le processus défini par

$\displaystyle \forall t\in{\mathbb{Z}},\ \ X_t=\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right) $
$ U$ est une variable aléatoire de loi uniforme sur $ [-{\pi},{\pi}]$.
  1. Le processus $ X$ est du second ordre car les variables $ X_t$ sont bornées, donc de carré intégrable. Calculons sa fonction moyenne et sa fonction d'autocovariance :
    $\displaystyle {\mu}_X(t)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[X_t\right]={\mathbb{E}}\left[\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\right]$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \int_{-\pi}^{\pi}\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+u\right)\frac{du}{2{\pi}}=\left[\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+u\right)\right]_{-\pi}^{\pi}=0$  
           
    $\displaystyle {\gamma}_X(s,t)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {cov}}}\nolimits (X_s,X_t)={\mathbb{E}}\left[X_sX_t\right]$ $\displaystyle \mbox{ car les variables $X_s,X_t$\ sont centr\'ees}$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\cos\left(\frac{2{\pi}s}{3}+U\right)\cos\left(\... ...t(\frac{2{\pi}(s+t)}{3}+2U\right)+\cos\left(\frac{2{\pi}(s-t)}{3}\right)\right]$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \frac{1}{2}\cos\left(\frac{2{\pi}(s-t)}{3}\right)+\frac{1}{2}\int... ...+2u\right)\frac{du}{2{\pi}}=\frac{1}{2}\cos\left(\frac{2{\pi}(s-t)}{3}\right)+0$  

    La fonction moyenne est constante, et la fonction d'autocorrélation invariante par translation temporelle : le processus $ X$ est donc faiblement stationnaire.
  2. Notons $ {\varepsilon}=\left({\varepsilon}_t,t\in{\mathbb{Z}}\right)$ le bruit blanc d'innovation associé à $ X$. Alors $ {\varepsilon}_t=X_t-P^\bot_{V^2(1,X_s,s<t)}(X_t)$. Or on vérifie instantanément que $ X$ est un processus périodique de période $ 3$. En particulier, $ X_t=X_{t-3}\in V^2(1,X_s,s<t)$. D'où $ P^\bot_{V^2(1,X_s,s<t)}(X_t)=X_t$ et $ {\varepsilon}_t=0$.
  3. Les deux variables aléatoires $ \cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)$ et $ \sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)$ sont centrées. En conséquence,
    $\displaystyle \mathop{\hbox{\upshape {cov}}}\nolimits \left(\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right),\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\right)$ $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\right]$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle {\mathbb{E}}\left[\frac{1}{2}\sin\left(\frac{4{\pi}t}{3}+2U\right)\right]$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle \int_{-{\pi}}^{\pi}\sin\left(\frac{4{\pi}t}{3}+2u\right)\frac{du}{4{\pi}}=\left[\cos\left(\frac{4{\pi}t}{3}+2u\right)\right]_{-{\pi}}^{\pi}$  
      $\displaystyle =$ 0  

    Les deux variables sont donc bien décorrélées, et orthogonales. Or
    $\displaystyle X_{t+1}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle \cos\left(\frac{2{\pi}(t+1)}{3}+U\right)=\cos\left(\frac{2{\pi}t}... ...3}\right)-\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\sin\left(\frac{2{\pi}}{3}\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle -\frac{1}{2}\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)-\frac{\sqrt{3}}{2}\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)$  

    D'où
    $\displaystyle P^\bot_{V^2(1,X_{t})}(X_{t+1})$ $\displaystyle =$ $\displaystyle -\frac{1}{2}P^\bot_{V^2(1,X_{t})}\left(\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3... ...rt{3}}{2}P^\bot_{V^2(1,X_{t})}\left(\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle -\frac{1}{2}\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)$  

    On en déduit aussi que
    $\displaystyle X_{t+2}$ $\displaystyle =$ $\displaystyle -\frac{1}{2}\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)+\frac{\sqrt{3}}{2}\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle -\cos\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)-\left(-\frac{1}{2}\cos\left... ...pi}t}{3}+U\right)-\frac{\sqrt{3}}{2}\sin\left(\frac{2{\pi}t}{3}+U\right)\right)$  
      $\displaystyle =$ $\displaystyle -X_t-X_{t+1}$  

    Il en résulte $ P^\bot_{V^2(1,X_{t},X_{t+1})}(X_{t+2})=X_{t+2}$.
  4. Notons $ {\rho}_X$ la fonction d'autocorrélation de $ X$. Notons enfin qu'il ne s'agit pas du tout d'un processus AR($ 2$), ne serait-ce que parce que l'innovation d'un tel processus n'est pas nulle (sauf si le processus lui-même est nul). Rappelons que dans les hypothèses du théorème caractérisant un processus AR à partir de sa fonction d'autocorrélation partielle, on suppose que sa fonction d'autocorrélation tend vers 0 en l'infini ; ce qui n'est pas le cas ici.



Thierry Cabanal-Duvillard