Exercice 1.
Cette série présente à première vue une tendance croissante linéaire, ainsi que des variations saisonnières d'amplitude croissante et de période 12. Pour permettre une modélisation par un processus stationnaire, il faut préalablement supprimer cette tendance et ces variations.
Première approche : on soumet la série au filtre
car il a pour propriété d'annihiler tendance linéaire et saisonnalité linéairement croissante de période 12. En effet, notons
une composante périodique de période 12 :
, quel que soit
;
représente alors une saisonnalité croissante. Soit
une tendance linéaire. Alors :
Troisième approche : après une transformation de Box-Cox, on désaisonnalise la série par la méthode des moyennes mobiles. (Rappel : cela consiste à supprimer la saisonnalité par le filtre
; par différence, puis en moyennant, on obtient une estimation des coefficients saisonniers ; on ôte alors cette saisonnalité à la série, et ne reste plus qu'à estimer puis éliminer la tendance).
Quatrième approche : on pourrait aussi scinder cette série en 12, avec une série pour chaque mois. Pour chacune de ces séries, il faut estimer et ôter la tendance, et on peut alors débuter une modélisation ARMA.
Exercice 2.
Remarquons d'abord que
, car sinon le processus
ne serait pas stationnaire (ce serait un ARIMA). On peut d'autre part supposer que
; en effet, si tel n'était pas le cas, on pourrait s'y ramener car
vérifie aussi l'équation
1) Avec
, le processus
est un AR(1) centré représenté sous forme causale et inversible, et
est son bruit blanc d'innovation. En particulier, cela implique que
est orthogonal à
. D'où :
Exercice 3.
a)
est un processus de type AR(1) ici représenté sous forme causale et inversible, et
est le bruit blanc d'innovation qui lui est associé. En particulier,
s'écrit comme combinaison linéaire (infinie) des variables aléatoires
; comme
est indépendant de
, il est aussi indépendant de
. Or il est facile de vérifier que la somme de deux processus indépendants tous deux (faiblement) stationnaires est (faiblement) stationnaire. Il en est donc ainsi de
.
vérifie l'équation
b) La densité spectrale de la somme de deux processus indépendants est la somme des densités spectrales de chacun des processus. Ainsi, la densité spectrale de
est-elle égale à
Deuxième méthode : il suffit de montrer que
est une MA(1).
d) D'après ce qui précède, il ne reste qu'à déterminer la variance du bruit blanc d'innovation, et le coefficient de la partie moyenne mobile. On reprend pour cela les équations apparues au c) Première méthode. Il s'agit donc de résoudre
et
sous la condition
. On en déduit le système
Pour calculer
, il faut inverser le filtre
:
Exercice 4.
a) Posons
; il faut vérifier que
, quel que soit
. Calculons :
b)
s'écrit comme combinaison linéaire de
,
et
, quel que soit
. Le sous-espace linéaire
est donc inclus dans
. Il n'y a pas a priori d'inclusion dans l'autre sens. En effet, étant donné un élément
de
, soit il existe
tel que
, auquel cas on dispose déjà d'un contre-exemple. Sinon, il suffit de choisir une variable aléatoire
indépendante de
, qui n'appartient donc pas à
; alors le processus
est le contre-exemple cherché : on peut en effet voir facilement que
n'est pas combinaison linéaire des
.
c) Soit
; alors
Il s'agit donc de résoudre l'équation de récurrence
, qu'on initialise avec les valeurs pivotales
et
.
L'équation caractéristique en est
, qui admet deux solutions
et
. La fonction de prévision est donc de la forme
Exercice 5.
1) Comme à l'exercice 2, on peut supposer que
.
est alors le bruit blanc d'innovation de
. Soit
: